3, rue de Chevreuse 75006 Paris Tél. +33 1 56 54 31 31 info@apostrophe-hotel.com
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J’ai voulu réaliser le premier hôtel poème de Paris

Vincent Bastie aime les hôtels.
Et les hôteliers lui rendent cet amour. Avec plus de 50 hôtels à son actif, l’architecte urbain et inspiré pourrait être blasé. C’est tout à fait le contraire. Quand on parle à Vincent Bastie de la création ou de la rénovation d’un hôtel, on sent immédiatement une énergie joyeuse se dégager de ses propos. Concentré et calme, méticuleux et inventif, Vincent Bastie place pourtant beaucoup d’enthousiasme et une sorte de vitalité enfantine dans son dialogue dès que l’on évoque ses créations hôtelières.
Depuis plus de 15 ans, à la tête de son cabinet d’architecture, il a contribué fortement à modifier l’image vieillotte de l’hôtellerie parisienne, en retard par rapport aux villes comme Barcelone, Berlin ou même Florence, sans parler de New York. Il lui a fallu beaucoup de créativité et d’ingéniosité pour rénover ou créer complètement des hôtels contemporains, parfois dans des immeubles XVIIème ou XVIIIème, sans faire des copier-coller, en inventant chaque fois un nouveau style de vie. Il a fortement contribué à la nouvelle image internationale de l’hôtellerie parisienne, et ses créations ont inspiré beaucoup de gens à travers le monde.
Si certains hôtels, comme l’hôtel du Petit Moulin (avec Christian Lacroix), le Five avec (Isabelle Emerique), l’Hôtel des Académies et des arts, le Murano, l’ATN hôtel, rapidement devenus célèbres, contribuent à son succès, son savoir-faire unique est encore bien davantage la clé de son aura dans le monde hôtelier.
Pour l’Apostrophe Hôtel (qui devrait ouvrir ses portes à l’automne 2008) Vincent Bastie parle de son implication et de sa démarche.
 » Quand nous avons commencé à réfléchir sur le projet de l’Apostrophe Hôtel, notre création s’est orientée à partir du passé intellectuel, artistique et littéraire du quartier. Nous ne voulions pas d’un nouvel « hôtel littéraire ». Nous avons voulu une décoration dont la matière grise représenterait le support essentiel. La base de notre réflexion a été la trace que l’homme laisse par son travail intellectuel, et cela depuis la naissance de la conscience de l’humanité. Nous avons donc créé un cheminement à travers les étages qui visite les traces de l’écriture, qui les utilisent en les magnifiant pour en faire bien davantage que des éléments de décor. Passer des traces quasi immatérielles sur des parois rupestres ou des étendues de sable, aux carnets de voyages de promeneurs éclairés, après un détour vers la calligraphie japonaise, l’écriture musicale ou les graphs urbains contemporains nous a donné l’occasion de créer un parcours unique dans l’Apostrophe hôtel. Les voyageurs qui s’arrêteront à l’Apostrophe Hôtel seront interpelés ( apostrophés !) par les messages véhiculés par les chambres, toutes différentes. Les lettres , les formes, les dessins ont une place très importante ici. »

Vincent Bastie a demandé à Sandrine Alouf, tout à la fois plasticienne généreuse et polymorphe, photographe, rêveuse aux yeux dans les nuages mais également petite fourmi du design à la tête bien faite et aux pieds sur terre, de l’aider à mettre en forme, en couleurs et en matières ce chemin hôtelier bien particulier.
Il poursuit avec une belle formule, qui caractérise bien ce boutique hôtel au charme furieusement contemporain et à l’âme humaniste: « L’Apostrophe Hôtel n’est pas une leçon de déco. C’est un hôtel poème, c’est un hôtel qui rend hommage aux traces de l’intelligence humaine, sous de nombreuses formes. C’est un hôtel de paix et d’échanges, qui replace l’être humain au centre. Mais attention, je ne souhaite pas forcément que l’on comprenne tout de l’Apostrophe hôtel. Il n’y a pas de diktat intellectuel. C’est un hôtel poème, un hôtel culture, dans le sens où cette culture libre, internationale et intemporelle, procure des émotions, des joies, des sentiments qui naissent et s’épanouissent . « 

L’Apostrophe Hôtel fait l’objet d’une attention particulière de la part de Vincent Bastie. En effet, c’est un hôtel où il peut , sans doute encore davantage que dans ses précédentes réalisations, montrer comment un architecte joue avec les surfaces, les matières et les espaces pour faire surgir le meilleur d’un lieu. L’Apostrophe hôtel n’aura que 16 chambres. Les dimensions des étages étaient intéressantes parce que restreintes et le pari d’en tirer le meilleur parti pour offrir un confort exceptionnel, pour valoriser la circulation, pour amplifier le sentiment de volume était stimulant. Vincent Bastie estime qu’il a eu de la chance d’avoir été contacté par les propriétaires, Monsieur et Madame Gatien, ainsi que leur fille Isabelle, dès le début de l’histoire. Il a pû ainsi , avec eux, dès le départ, s’impliquer dans la démarche, réfléchir sur les orientations et proposer des solutions cohérentes avec pour objectif de réaliser le plus petit palace contemporain de Paris au design audacieux et au confort somptueux, destiné aux nomades urbains et modernes.

©photo de Vincent Bastie par Sandrine Alouf